Paul, 34 ans, vétérinaire, vit depuis quatre ans avec Elise, 28 ans, comédienne. Elise est enceinte.
« J'en ai été le premier surpris, mais vivre en couple, c'est comme sauter dans le vide. Au début, j'avais le sentiment de perdre tous mes repères. Comme j'ai la phobie d'être envahi, après avoir demandé son avis à Elise, j'ai divisé l'appartement en deux, avec des pièces communes – cuisine, chambre, salon... – et d'autres privées, comme nos bureaux.
Mais je n'avais pas prévu son sens de l'hospitalité très développé. Une fois par semaine, nous hébergeons un ami de province. Il dort dans mon bureau. J'ai l'impression d'être exproprié. D'un côté, j'apprécie le côté bohème qu'Elise imprime à notre vie, mais de l'autre, je suis nostalgique de ma tranquillité passée. Souvent, je ne sais plus qui je suis vraiment, fermé ou généreux. Pour y voir plus clair, je repense à ma vie d'avant, très organisée, sans surprise. Ce retour en arrière me suffit pour savoir que mon vrai moi, même s'il en souffre parfois, est celui qui partage la vie d'Elise ! »
Michaël, 29 ans, professeur d'histoire, vit depuis cinq ans avec Gertrude, 27 ans, professeur de mathématiques. Ils n'ont pas d'enfant.
« Une chose m'a toujours dérangé chez Gertrude : sa curiosité. Dès le début, elle a voulu savoir comment j'avais vécu mon enfance, ce que je ressentais avec nos amis, dans certaines situations... Moi, je vivais cela comme une mise à nu.
Ça me faisait peur, je me sentais vulnérable et transparent. Nous nous disputions régulièrement autour de ce que j'appelais "ses interrogatoires". Un jour, j'en ai parlé à mon frère, qui m'a répondu : "Tu as de la chance d'avoir une femme qui s'intéresse autant à toi. En général, elles passent plus de temps à parler d'elles qu'à s'interroger sur nos états d'âme. Profites-en !" Sa réaction m'a beaucoup aidé. Depuis cette conversation, je sais que sa curiosité est sa façon de m'aimer. Et je vis moins ses questions comme une inquisition. Du coup, je parle beaucoup plus facilement. »
Geneviève, 35 ans, journaliste, vit depuis sept ans avec François, 41 ans, directeur des ressources humaines. Ils ont un enfant de 5 ans. François a un enfant de 15 ans d'un précédent mariage.
« Les deux premières années, nous vivions une relation sexuelle très intense. Puis les sollicitations de François se sont espacées. Je me suis dit que nous tombions dans ce schéma habituel que je connaissais hélas trop bien pour l'avoir vécu dans mes précédents couples. Pour en sortir, j'ai commencé à harceler sexuellement François. Je me disais que plus nous ferions l'amour, moins il serait tenté d'aller voir ailleurs.
Mais nos relations devenaient artificielles. Nous en avons discuté, il m'a avoué qu'il était trop préoccupé par son travail pour bien faire l'amour. Mais je restais obsédée par cette baisse de désir. Jusqu'à ce que ma tante perde son mari, après quarante ans d'harmonie. Son chagrin m'a bouleversée et je me suis trouvée ridicule. J'étais en train de gâcher le présent avec François à cause de mes craintes sur l'avenir. Cette mort m'a ramenée à la réalité. J'ai décidé de faire confiance, à François et à la vie. Et ça nous réussit plutôt bien ! »
Source : femmes.fr.msn.com
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