Ils ont eu leur premier rendez-vous en tête à tête. Deux jours après, il hésite : "Est-ce que je dois la rappeler ? Veut-elle que nous nous revoyions ?" Elle ne comprend pas : "Pourquoi ne rappelle-t-il pas ? Ai-je fait ou dit quelque chose qui lui a déplu ?"
Dans les tout premiers temps de la rencontre, chacun se « prête » à l'autre, mais ne se « donne » pas. Tout se joue sur le désir. Les craintes très répandues – ne pas plaire, ne pas être à la hauteur, être introverti... – sont davantage liées à notre histoire personnelle qu'à l'histoire à deux qui débute. La peur essentielle du nouveau duo est celle de l'inconnu. Aucun des partenaires ne sait où la relation et l'autre vont l'entraîner. C'est le règne de l'insécurité.
La solution : apprendre à lâcher prise, accepter de perdre le contrôle, de se laisser aller aux troubles de l'inconnu. C'est le goût unique des premières fois. La suite de l'histoire se dessinera peu à peu, en conjuguant écoute de l'autre et affirmation de soi.
1. La rencontre va-t-il (elle) m'appeler ?
Ils ont eu leur premier rendez-vous en tête à tête. Deux jours après, il hésite : "Est-ce que je dois la rappeler ? Veut-elle que nous nous revoyions ?" Elle ne comprend pas : "Pourquoi ne rappelle-t-il pas ? Ai-je fait ou dit quelque chose qui lui a déplu ?"
Dans les tout premiers temps de la rencontre, chacun se « prête » à l'autre, mais ne se « donne » pas. Tout se joue sur le désir. Les craintes très répandues – ne pas plaire, ne pas être à la hauteur, être introverti... – sont davantage liées à notre histoire personnelle qu'à l'histoire à deux qui débute. La peur essentielle du nouveau duo est celle de l'inconnu. Aucun des partenaires ne sait où la relation et l'autre vont l'entraîner. C'est le règne de l'insécurité.
La solution : apprendre à lâcher prise, accepter de perdre le contrôle, de se laisser aller aux troubles de l'inconnu. C'est le goût unique des premières fois. La suite de l'histoire se dessinera peu à peu, en conjuguant écoute de l'autre et affirmation de soi.
2. La première nuit: serai-je à la hauteur ?
Ce soir, c'est "le" soir. Elle se demande : "Aura-t-il envie de moi ? Aurai-je honte de me montrer nue ?" Lui n'a qu'une pensée en tête : "Serai-je à la hauteur ?"
Se donner à voir, sentir, découvrir les formes, la peau, les caresses de l'autre, ses maladresses aussi : le premier corps à corps est toujours source d'inquiétudes. Les masques tombent : plus de « triche » possible. Normales, ces appréhensions participent du désir et du plaisir. Pour ne pas être obsédé(e) par son image, ses imperfections, le jugement de son partenaire, rappelons-nous que le désir n'est pas affaire d'esthétique ou de performance, mais de rencontre et de partage. Et la première nuit n'est pas décisive. Il y a toujours une séance de rattrapage...
3. La relation: est-ce que je m'engage ?
Ils se voient depuis deux semaines, de plus en plus régulièrement. Il s'interroge : "Veut-elle une vraie relation ou une simple aventure ?" Elle s'inquiète déjà : "Ne va-t-il pas être trop présent, m'étouffer ?" Ou, s'il est trop distant : "M'aime-t-il vraiment ?"
Désormais, l'engagement est en jeu. Il ne s'agit plus de se prêter, mais de se donner. Le don de soi, de son temps, de son énergie, de son intimité implique la réciprocité. A ce moment de la relation, il y a de vraies raisons d'avoir peur de ses réactions comme de celles de son partenaire. Chacun peut se révéler avare de lui-même ou trop généreux. Face à l'engagement, certains choisissent la fuite, pour de multiples raisons : échecs précédents, volonté de ne pas sombrer dans sa tendance naturelle à la fusion, sentiment d'être envahi trop vite ou trop fort...
Pas de recettes pour trouver la juste distance. Elle s'invente au quotidien. Il existe cependant une règle de base : dire dès le début ce que l'on attend de la relation. Oser exprimer ses craintes, ses besoins, ses désirs permet d'éviter les malentendus originels.
4. La cohabitation: allons-nous nous entendre ?
Ils s'apprêtent à emménager ensemble. Lui, très ordonné, n'a qu'une crainte : "Vais-je supporter son désordre ? Elle, couche-tôt, panique : "Est-il aussi couche-tard qu'il le dit ?"
Quand la cohabitation est décidée, la vie à deux devient plus rassurante. Les fondations de la « maison couple » sont établies, même si elle n'est pas encore construite. Chacun peut se montrer tel qu'il est vraiment et sortir de la parade de la séduction. S'engage alors une autre découverte : celle du quotidien et, avec elle, la peur de « casser » son image, de décevoir ou d'être déçu(e) par le partenaire.
Pour éviter ces mauvaises surprises, première règle de prudence : ne pas se précipiter pour vivre ensemble. La cohabitation partielle est un excellent test : week-ends, semaines de temps en temps, vacances communes, permettent de faire la part du rêve et celle de la réalité.
5. Le partage des valeurspensons-nous de la même façon ?
Alors qu'ils dînent chez des amis, il raconte en plaisantant leur dernière dispute et leur réconciliation sur l'oreiller. Elle, outrée : "Comment peut-il être aussi impudique ?"
Jusqu'à présent, chacun était pris dans l'« énamouration », et les discussions « sérieuses » étaient peu abordées. Au fil du temps et de l'investissement dans la relation, le partage du plaisir ne suffit plus. Celui des valeurs – liberté, loyauté, fidélité – devient essentiel à la construction d'un couple solide. Pour se comprendre et trouver un équilibre, les partenaires ont besoin de références communes. Or ces valeurs dépendent de l'histoire familiale de chacun, de son éducation, de son parcours personnel. La peur de l'« incompatibilité » peut compromettre la construction d'un vrai duo solidaire.
La communication est la seule solution pour s'assurer que le couple avance bien sur les mêmes bases. Chaque attitude de notre partenaire qui nous a déplu(e) – voire blessé(e) – doit être l'occasion d'une discussion approfondie et d'une mise au point. Il ne s'agit pas de renoncer ou de le(la) faire renoncer à ses valeurs, mais de parvenir à un respect mutuel et de trouver le terrain d'entente du couple.
6. L'investissementEst-ce que j'aime mon couple ?
Ils vivent ensemble depuis un an, heureux. Elle rêve : "Pourquoi ne pas acheter un appartement, avec, peut-être, une chambre supplémentaire ?" Il refuse : "Nous sommes très bien comme ça, pourquoi changer ?"
C'est l'heure des choix à deux : mode de vie, bébé, maison, etc. Et des priorités. La construction de la « maison couple » modifie nos rapports avec nos amis, nos parents. Nous les voyons moins, nous culpabilisons. L'angoisse devant ces changements est accentuée lorsque des enfants de précédentes unions entrent en jeu. La crainte la plus fréquente est alors de privilégier l'une des deux parties en présence au détriment de l'autre.
A ce stade, nous devons choisir d'investir le couple avant tout, pour qu'il s'invente au quotidien et s'affirme face à l'extérieur. Plutôt que culpabiliser, mieux vaut s'interroger : le couple que nous formons me plaît-il vraiment ? Est-ce que je crois en lui ? Est-ce que j'ai envie qu'il se consolide et qu'il dure ? Si la réponse à ces questions est oui, l'ordre des priorités est établi. Reste à l'assumer.
7. Le couple au long coursai-je encore peur ?
Quinze ans plus tard, la vie commune est rodée. Elle ne s'inquiète que pour ses enfants : "L'aîné va-t-il réussir son bac ? Mon mari ? Il a l'air d'aller bien." Lui : "Ah bon, vous trouvez que ma femme a changé ?"
Le couple s'est trouvé une identité, a construit sa propre histoire. Pris dans la sécurité du quotidien, il a cessé ou « oublié » d'avoir peur. Notre partenaire semble acquis à vie. Quand nous n'avons plus peur, nous sous-estimons l'autre et le jugeons incapable de séduire ou de vivre seul. A tort.
Dans les couples au long cours, il est salutaire de stimuler la peur. Une escapade en solo, une confidence sur la sollicitation d'un admirateur peuvent réveiller un partenaire trop endormi. Et lui rappeler notre pouvoir de séduction. L'enjeu à ce stade se situe sur la surprise, la créativité du couple, sur sa capacité à inventer des rites, des retrouvailles, des fêtes amoureuses, à jouer... à se faire peur !
DES PISTES POUR AVANCER :
ENSEMBLE : un bilan une fois par an
Faire son bilan de couple chaque année est un rite efficace. Il permet de percevoir ses propres changements et ceux de son partenaire, de faire le point sur les attentes de chacun. « Où en sommes-nous ensemble ? Et chacun de notre côté ?»
La question – ou plutôt la réponse – est angoissante, car toutes les remises en cause sont possibles. Mais se poser à temps, et régulièrement, des questions simples peut permettre d'éviter l'échec.
SEUL(E) : le journal de vos peurs
Ecrivez vos principales histoires d'amour et décrivez, pour chacune, vos grandes peurs et les moments où vous les avez dépassées. « Pensez aussi aux moments où vous avez su tirer la leçon de vos peurs, conseille le thérapeute de couple Robert Neuburger. Car même si elles sont parfois "piégeuses" et nous empêchent d'avancer, elles tombent souvent juste. Ecoutez-les avant de les écarter. Ce sont des sonnettes d'alarme. »
A LIRE :
"Ces hommes qui ont peur d'aimer" de Steven Carter et Julia Sokol.
Pour comprendre pourquoi certains hommes sont effrayés devant l'engagement amoureux (J'ai lu, 2003).
Source : femmes.fr.msn.com
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